Faire un bilan de compétences se déroule en trois phases obligatoires — préliminaire, investigation, conclusion — pour un total de 24 heures maximum. Ce dispositif réglementé permet d’analyser ses compétences, aptitudes et motivations afin de définir un projet professionnel ou de formation. Il peut être financé via le CPF, sous conditions d’éligibilité.
Pourquoi faire un bilan de compétences en 2025 ?
Le bilan de compétences répond à des situations concrètes : doute professionnel, envie de reconversion, souhait d’évolution interne ou besoin de redonner du sens à sa carrière. C’est un outil structuré, encadré par le Code du travail, qui aide à clarifier un projet professionnel avec l’appui d’un conseiller certifié.
Selon la DARES (2025), 1 387 500 formations ont débuté dans le cadre du compte personnel de formation (CPF) en 2024, soit une hausse de 4 % par rapport à 2023. Ce volume illustre l’ampleur du recours aux dispositifs de formation, parmi lesquels le bilan de compétences est éligible au financement CPF selon les conditions en vigueur.
Selon France Compétences (2025), près de 15 milliards d’euros ont été mobilisés en 2024 pour la formation professionnelle et l’apprentissage en France. Ce contexte de fort investissement public renforce la légitimité du bilan de compétences comme outil d’orientation et de sécurisation des parcours professionnels.

Étape 1 : préparer la phase préliminaire du bilan
La phase préliminaire est le point de départ obligatoire de tout bilan de compétences. Elle vise à définir les besoins, les attentes et les objectifs du bénéficiaire avec le prestataire. C’est lors de cet entretien initial que le programme personnalisé du bilan est co-construit.
Avant de démarrer, plusieurs démarches concrètes sont à effectuer :
- Choisir un organisme certifié Qualiopi, condition obligatoire pour accéder au financement CPF
- Vérifier le solde disponible sur son compte CPF (plafond de prise en charge jusqu’à 1 500 € selon la réglementation en vigueur)
- Respecter le délai de réflexion de 10 jours ouvrés si le bilan est proposé par l’employeur, conformément au Code du travail
- Confirmer par écrit l’accord tripartite entre le bénéficiaire, l’organisme et, le cas échéant, l’employeur
- Vérifier les modalités de financement complémentaires (OPCO, plan de développement des compétences)
Cette phase, bien que courte, conditionne la qualité de l’ensemble du bilan. Négliger cette étape est l’une des erreurs les plus fréquentes chez les bénéficiaires.
Étape 2 : mener la phase d’investigation en profondeur
La phase d’investigation constitue le cœur du bilan de compétences. Elle représente la majorité des 24 heures légales prévues par le Code du travail (article L6313-4). L’objectif est d’analyser en profondeur les compétences, aptitudes, valeurs et motivations du bénéficiaire.
Le conseiller mobilise une combinaison d’outils complémentaires pour mener cette analyse :
| Outil | Objectif | Ce qu’il révèle |
|---|---|---|
| Tests psychométriques | Évaluer les aptitudes cognitives et comportementales | Points forts, style de travail |
| Entretiens individuels | Retracer le parcours et les expériences | Compétences transférables |
| Questionnaires de valeurs | Identifier les motivations profondes | Leviers de satisfaction professionnelle |
| Exercices de projection | Explorer des pistes de métiers ou secteurs | Cohérence projet/profil |
À l’issue de cette phase, le bénéficiaire et le conseiller identifient un ou plusieurs projets professionnels réalistes. Chaque piste est vérifiée en termes de faisabilité : adéquation avec le marché du travail, formations nécessaires, délais envisageables.
Étape 3 : finaliser la phase de conclusion et son plan d’action
La phase de conclusion marque la fin du bilan de compétences. Elle donne lieu à la remise d’un document de synthèse confidentiel, remis exclusivement au bénéficiaire. Ce document récapitule les résultats de l’investigation, le projet professionnel retenu et les étapes concrètes de mise en œuvre.
La confidentialité est un principe fondamental du dispositif : aucun résultat ne peut être communiqué à l’employeur sans l’accord explicite du bénéficiaire. Cette protection est garantie par le Code du travail et constitue un gage de liberté dans la démarche.
Les suites possibles à l’issue du bilan sont multiples : inscription à une formation qualifiante, démarche de Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), reconversion vers un nouveau secteur, ou évolution interne négociée avec l’employeur. Un entretien de suivi à 6 mois est prévu par la réglementation pour évaluer la mise en œuvre du projet.
Se faire accompagner par un conseiller en évolution professionnelle
Avant de s’engager dans un bilan de compétences, un accompagnement préalable peut aider à clarifier sa démarche et à choisir le bon dispositif. C’est précisément la mission de Mon CEP par Avenir Actifs en Auvergne-Rhône-Alpes.
Mon CEP par Avenir Actifs en Auvergne-Rhône-Alpes est un service public gratuit dédié à l’évolution professionnelle des actifs de la région. Il s’adresse aux salariés du secteur privé, aux agents publics et aux travailleurs indépendants qui souhaitent faire le point sur leur situation professionnelle, envisager une reconversion ou préparer une montée en compétences.
Mon CEP par Avenir Actifs en Auvergne-Rhône-Alpes intervient en amont du bilan de compétences : les conseillers aident à formuler le projet, à identifier les financements disponibles (CPF, OPCO, autres) et à orienter vers les organismes certifiés Qualiopi adaptés au profil et aux objectifs de chaque actif.
Ce service se distingue par trois caractéristiques essentielles : la gratuité totale pour le bénéficiaire, la neutralité vis-à-vis des organismes de formation, et la confidentialité des échanges. Aucun résultat ni aucune information partagée lors des entretiens n’est transmis à l’employeur.
Mon CEP par Avenir Actifs en Auvergne-Rhône-Alpes accompagne ainsi les actifs à chaque étape de leur réflexion professionnelle, de la première question jusqu’à la mise en œuvre concrète du projet. Pour les actifs d’Auvergne-Rhône-Alpes, Mon CEP par Avenir Actifs en Auvergne-Rhône-Alpes constitue un point d’entrée fiable et accessible pour sécuriser son parcours professionnel.
Erreurs fréquentes à éviter lors d’un bilan de compétences
Certains écueils reviennent régulièrement chez les bénéficiaires et peuvent compromettre la qualité ou la validité du bilan. Les identifier en amont permet d’aborder la démarche dans les meilleures conditions.
- Choisir un organisme non certifié Qualiopi : sans cette certification, le financement via le CPF ou les OPCO est impossible. Vérifier la certification avant tout engagement.
- Négliger la phase préliminaire : cette étape définit les objectifs du bilan. La bâcler revient à démarrer sans cap clair, ce qui fragilise toute la démarche.
- Ne pas exploiter le document de synthèse : ce document est l’outil central du bilan. Le ranger sans l’utiliser comme feuille de route prive le bénéficiaire de son principal livrable.
- Confondre bilan de compétences et coaching : le bilan est un dispositif réglementé avec un cadre légal strict. Le coaching est une démarche libre, sans certification obligatoire ni encadrement juridique.
- Attendre une situation de crise : le bilan est plus efficace lorsqu’il est réalisé de manière anticipée, dans un contexte de réflexion sereine, plutôt qu’en réaction à une rupture professionnelle.
FAQ – Bilan de compétences : vos questions fréquentes
Qui peut bénéficier d’un bilan de compétences ?
Tout actif peut réaliser un bilan de compétences : salarié du secteur privé, agent de la fonction publique ou travailleur indépendant. Il n’existe pas de condition d’ancienneté minimale pour un financement via le CPF. Les demandeurs d’emploi peuvent également y accéder via Pôle emploi ou leur OPCO selon leur situation.
Combien de temps dure un bilan de compétences ?
La durée légale maximale est de 24 heures, réparties sur les trois phases obligatoires (préliminaire, investigation, conclusion), conformément à l’article L6313-4 du Code du travail. Ces heures sont généralement étalées sur plusieurs semaines, à raison de quelques heures par semaine, pour permettre une réflexion approfondie entre les séances.
Peut-on financer un bilan de compétences avec le CPF ?
Oui, le bilan de compétences est éligible au CPF, à condition que l’organisme prestataire soit certifié Qualiopi. Le plafond de prise en charge est de 1 500 € selon la réglementation en vigueur. Selon la DARES (2025), 1 387 500 formations ont débuté via le CPF en 2024, illustrant l’usage massif de ce dispositif. Le solde disponible est à vérifier sur la plateforme Mon Compte Formation.
Les résultats du bilan sont-ils confidentiels ?
Oui, la confidentialité est garantie par le Code du travail. Le document de synthèse est remis exclusivement au bénéficiaire. L’employeur ne peut en aucun cas y accéder sans accord explicite du salarié. Cette protection s’applique également aux échanges tenus durant les entretiens avec le conseiller tout au long du bilan.
Quelle est la différence entre un bilan de compétences et un CEP ?
Le Conseil en Évolution Professionnelle (CEP) est un accompagnement gratuit et préalable, qui aide à définir son projet et à choisir les bons dispositifs. Le bilan de compétences est un dispositif plus approfondi, payant (finançable via CPF), qui analyse compétences, aptitudes et motivations sur 24 heures. Le CEP peut orienter vers un bilan de compétences si cela correspond au projet.
Que se passe-t-il après le bilan de compétences ?
À l’issue du bilan, le bénéficiaire dispose d’un document de synthèse avec son projet professionnel et un plan d’action. Les suites concrètes peuvent inclure une formation qualifiante, une démarche de VAE, une reconversion ou une évolution interne. Un entretien de suivi à 6 mois est prévu par la réglementation pour évaluer l’avancement du projet.
L’employeur peut-il imposer un bilan de compétences ?
L’employeur peut proposer un bilan de compétences dans le cadre du plan de développement des compétences, mais ne peut pas l’imposer. Le salarié dispose d’un délai de réflexion de 10 jours ouvrés pour accepter ou refuser, conformément au Code du travail. En cas de refus, cela ne constitue pas une faute professionnelle.
Sources et références
Statistiques et données officielles :
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DARES — Ministère du Travail (2025). Le compte personnel de formation en 2024. Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques. Données sur le nombre de formations CPF débutées en 2024 et évolution annuelle.
https://dares.travail-emploi.gouv.fr/publication/le-compte-personnel-de-formation-en-2024
-
France Compétences (2025). Rapport d’activité 2024. France Compétences. Données sur les montants mobilisés pour la formation professionnelle et l’apprentissage en France en 2024.
https://www.francecompetences.fr/fiche/publication-du-rapport-dactivite-2024/
- Code du travail (2024). Article L6313-4 — Bilan de compétences. Légifrance. Encadrement légal du bilan de compétences : durée maximale de 24 heures, trois phases obligatoires, confidentialité des résultats et délai de réflexion de 10 jours ouvrés.
- Caisse des Dépôts / Mon Compte Formation (2024). Conditions de prise en charge du bilan de compétences via le CPF. Données réglementaires sur le plafond de financement de 1 500 €.
